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Communiqué de presse ASPAS : Borloo et Chatel envoient les chasseurs dans les écoles !

mars 16, 2010 By: Bob Lyr Category: Communiqué de presse, Environnement, France, Protection animal, Protection des Enfants, Sport

Communiqué de presse : Le 16 mars 2010


Prosélytisme du lobby chasse envers les enfants
 
Borloo et Chatel envoient les chasseurs
dans les écoles !


Un partenariat signé le 4 mars entre Luc Chatel, Jean-Louis Borloo et la Fédération nationale de la chasse permet aux amateurs d’armes d’entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable » aux enfants. L’ASPAS et de nombreux enseignants réclament l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles. C’est ça, le Grenelle de l’Environnement ?

Chaque jour, les élèves du collège d’Agnetz, dans l’Oise, voient ces affiches mensongères situées à quelques centaines de mètres de leur établissement. Non, la chasse n’est un atout ni pour l’écologie ni pour l’éducation. En fait, il s’agit pour les chasseurs de faire la promotion d’une prétendument nécessaire « gestion de la nature » (entendez : la chasse, bien sûr) pour racoler de nouvelles recrues. Pourtant, le prosélytisme est illégal.
 
La propagande du lobby des chasseurs dans les écoles s’est officialisée il y a vingt ans avec les états Généraux de la chasse en 1990, puis en 1993 avec le colloque « Animations en milieu scolaire »*. Depuis cette époque l’ASPAS, soutenue par de nombreux enseignants, n’a eu de cesse de freiner ces grandes ambitions, et au fil des années ces opérations s’étaient essoufflées. Mais le 13 et le 14 octobre, deux articles de journaux ont remis le feu aux poudres. Dans l’un, une animatrice embauchée par une fédération des chasseurs a cherché à convaincre qu’il est « utile de tirer sur les animaux ; l’autre décrit un cours de SVT particulier : « montrer la chasse et en donner le goût à des enfants ». Une cinquantaine d’associations, dont l’ASPAS, co-signe alors une lettre ouverte adressée au ministre de l’éducation Nationale Luc Chatel : « Stop aux interventions des chasseurs en milieu scolaire ! ». On connaît la suite.
 
Les chasseurs n’ont aucune légitimité pédagogique. Leur passion de la chasse et leur concurrence avec les prédateurs naturels leur donne une vision déformée de la faune, qu’ils partagent entre « nuisibles » et « gibier ». Les chasseurs ne sont pas des biologistes et n’ont pas de compétence pour décrire un écosystème dans sa globalité. Leur opposition aux mesures de protection de la biodiversité, leur opposition aux ours et aux loups, leur absence dans les combats pour la défense des animaux sauvages, leurs contentieux quasi quotidiens contre les protecteurs ne rend pas leur discours « écologique » crédible.

Les chasseurs à l’école ?
Oui, mais en tant qu’élèves !

Contact presse : Marc Giraud
Vice-Président de l’ASPAS
tél. 06 07 74 99 05


De pire en pire

* Pour l’historique de la propagande des chasseurs en milieu scolaire, voir l’article « Les enfants pour cible » dans le magazine Goupil n°100, disponible sur demande par courrier ou par mail auprès de Céline Segura, tél. 04 75 25 10 00 ou par mail accueil@aspas-nature.org


Association pour la Protection des Animaux Sauvages – www.aspas-nature.org
Membre du Bureau Européen de l’Environnement – Bruxelles
B.P. 505 – 26401 CREST Cedex – France Tel. 04 75 25 10 00 – Fax. 04 75 76 77 58 –
info@aspas-nature.org
Association reconnue d’utilité publique par arrêté préfectoral du 11 décembre 2008 (JORF n°0067 du 20/03/09)
Association 100% indépendante

La grippe et le cartable électronique

septembre 09, 2009 By: Bob Lyr Category: Politique

Le cartable électronique, en voilà une bonne idée…

Oui, je sais que je possède un esprit très critique. Cela permet d’avoir des débats contradictoires, sauf si personne ne contredit. Ce qui serait dommage.

Le cartable électronique, écrivais-je… En voilà une idée fabuleuse.
Il y a des jours où l’on béni la grippe (héhé, je vous ai eu). En effet, quel drame de savoir que nos enfants ne puissent pas obtenir les connaissances qu’ils sont en droit d’avoir et dont nous avons le devoir de leur transmettre.
L’annonce de fermetures de classes en cas de soupçons viraux, a permis de mettre en évidence la technologie internet pour palier au probable déficit de la dispense de l’instruction nécessaire aux enfants.
Cette grippe est une aubaine merveilleuse pour tester un outil pédagogique, par encore au point certes, dans son utilisation par le corps enseignant. Mais c’est normal, on agit dans l’urgence et les enseignants n’ont pas été formés avec cette nouvelle méthode. Bien que la méthode existe depuis quelques temps (ans) puisqu’elle est utilisée dans le cadre de cours à distance (voir le C.N.E.D et autres écoles privés d’enseignement à distance).
Là, il ne s’agit pas de faire de l’enseignement à distance mais de continuer à dispenser les cours à des enfants qui en seraient privés pour cause de grippe. Et c’est une bonne chose pour les enfants.

Néanmoins, pas mal de questions se posent…

Le problème de cette pandémie est antérieure aux vacances scolaires et qu’il y a eu des cas avec confinement dans des centres de vacances. Et c’est seulement le jour où une classe ferme que l’on pose un ordinateur portable sur le bureau d’un enseignant, en lui demandant de poursuivre ses cours, en présence de Monsieur le ministre de l’éducation nationale et à grand renfort de médias (pub pré-électorale ???).
– Comment se fait-il qu’il a fallu attendre un problème pour mettre les enseignants devant le fait accompli ? Car l’outil devait être prêt, malgré tout. Ce qui veut dire qu’en cas d’accélération de la pandémie, aucun enseignant n’est prêt. C’est une bonne question ?

J’apprécie la démarche que je trouve tardive, encore une fois. Il va falloir former les enseignants dans l’urgence avec cette méthode de travail. Quel gain de temps, surtout pour les enfants.

Autre temps, autres problèmes. N’est-ce pas ?

Ce qui amène d’autres questions. Une pure spéculation, il en faut car « ne pas se poser de question sur le futur, c’est ignorer l’avenir* de l’humanité » ((*nos enfants) citation personnelle).
Depuis quelques années, et je n’entrerai pas dans les détails (on va me traiter d’anti-truc primaire), on cherche à réduire les déficits budgétaires de l’État. De cette réalité, la question technique qui se posera certainement (ou qui se pose, peut-être, dans les couloirs du ministère) est :
– Combien d’élèves, un enseignant peut suivre avec cette méthode de travail ? 30, 40 ou … + ?
– Pourra-t-on pérenniser cette méthode de travail et/ou la généraliser de façon permanente, pour ne plus avoir d’établissements scolaires à entretenir (soit fermer progressivement les écoles) ? Économie substantielle, n’est-ce pas ?
On dira que c’est le progrès, de désocialiser les enfants en laissant chez eux devant un ordinateur. Moins il y aura d’organisation sociale entre les humains et moins il y aura de contestataires socialement organisés. Diviser pour mieux régner ?

Spéculation vers le futur, euh… sans retour, non plus.

Donc, cette grippe est une bonne chose. Dans l’urgence, les syndicats d’enseignants et associations de parents d’élèves ne pourront pas contester les mesures du « cartable électronique ». Et progressivement, cette méthode entrera dans les mœurs mais pas uniquement pour ce problème. Il sera probablement appliqué à d’autres cas de pandémie ; finira peut-être par devenir la méthode du futur. Les futurs enseignants s’y habitueront et personnes ne dira rien. On pourra alors fermer progressivement tout les établissements scolaires. En route vers le progrès de la dé-socialisation et des économies budgétaires, Bruxelles sera heureuse.

Égalité de droit

Encore un dernier détail, dont personne n’a fait mention. L’égalité de droit pour l’accès à la connaissance, en vertu du deuxième alinéa de l’article 2 de la Constitution française « Égalité ». Jusqu’à présent cette égalité est respectée mais dans le cadre d’un enseignement à distance, toujours pour cause de pandémie, il est nécessaire d’avoir un équipement minimum chez soi. Et là, ne venez pas me prendre pour un « con » en me racontant n’importe quoi.
Le minimum requis est : un ordinateur et un accès internet, accessoirement une imprimante.
J’essaye d’imaginer une famille ayant très, très peu de moyens financiers, et il y en a beaucoup plus que les politiques essayeront de nous le faire croire, qui ne gagnerait que le RSA (Revenu de Solidarité Active, ex-RMI) et qui devra se ruiner pour acheter du matériel informatique et un abonnement internet alors qu’elle aura déjà dû mal à se nourrir.
Là, je sens que l’on va me prendre pour un « con », en se retranchant derrière le silence des phrases toutes faites. Mais je persiste à dire qu’il y a des familles qui n’ont pas les moyens financiers pour obtenir ce minimum.
– Est-ce que l’égalité de droit pour l’accès à la connaissance sera respecté, vis-à-vis des enfants défavorisés à qui l’on demandera de rester à la maison pendant la période « d’isolement » ? Mais aussi pour le futur (voir le paragraphe précédent) ?
Certes, il est prévu des cours de rattrapage. Seront-ils complets, en vertu du temps qui passe et de la somme de connaissance que les enfants doivent assimiler pour passer dans la classe supérieur ?

Cette GRIPPE est une véritable mine pour résoudre des équations politiques.

NB : J’utilise le terme « d’enfant(s) » dans le sens de : « Qui est sous la responsabilité parentale ». De l’école maternelle à la Terminale, sans aucun sens péjoratif.